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Archive for October, 1994

Polémique sur les représailles rwandaises

October 27, 1994 Leave a comment

Un rapport du HCR accuse l’Armée patriotique rwandaise de «tueries» contre des hutus, mais des ONG présentes sur place affirment que les témoignages cités dans l’enquête ont été recueillis pour la plupart dans des camps où sont réfugiés les auteurs du génocide.

 
Rwanda, Tanzanie, envoyé spécial

 
ENQUETE

ALAIN FRILET

 
27 octobre 1994

 
LES NOUVELLES AUTORITÉS RWANDAISES sont-elles responsables des meurtres commis contre des civils hutus soupçonnés d’avoir pris part au génocide d’avril? Telle est, en substance, la question que viennent de poser coup sur coup Amnesty International et le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR)au vu des informations que les deux organisations ont récemment recueillies au Rwanda et en Tanzanie.

Si Amnesty affiche une certaine prudence en reconnaissant à la fois la dimension vengeresse de ces crimes et leur caractère isolé, le HCR, quant à lui, avait mis fin au rapatriement des réfugiés, estimant que l’Armée patriotique rwandaise (bras armé du FPR, au pouvoir), et donc indirectement le régime de Kigali, était responsable de tueries systématiques. Sur la base de plusieurs enquêtes, analysées dans le rapport confidentiel d’un consultant américain mandaté par le HCR, Robert Gersony, , 30.000 personnes au moins auraient été sommairement exécutées par les forces du Front patriotique rwandais, dont des civils hutus qui n’auraient pas été soupçonnés d’avoir participé aux massacres des Tutsis. Certains éléments ont été communiqués pour vérification par l’ONU au commandement de la Mission des Nations unies d’assistance au Rwanda (Minuar). Aucun charnier. Dépêchés sur le terrain, et en particulier dans la préfecture de Kibungo, dans le sud-est du pays, un peloton du contingent canadien au Rwanda s’est rendu sur plusieurs lieux des massacres dénoncés par le HCR. De retour le 18 octobre, après trois semaines de vérifications, les Casques bleus affirment n’avoir découvert aucun des charniers cités par le HCR ni pu recueillir le moindre témoignage attestant de ces massacres. «On nous avait indiqué l’existence d’une fosse commune, aux abords de Rwamagana, dans laquelle, selon les témoignages recueillis par le HCR, on retrouverait les cadavres d’une centaine de civils hutus massacrés par l’Armée patriotique rwandaise, raconte un des officiers chargés de l’expédition. On a retrouvé la fosse, mais, selon plusieurs témoignages, les soldats de l’Armée patriotique rwandaise n’avaient pas encore conquis cette région à la date avancée par le HCR pour ce massacre.» «Avec leurs gros blindés blancs et leur délicatesse légendaire, ironise en réponse un responsable du HCR, je ne pense pas que les Casques bleus puissent prétendre inspirer la confiance et faire une vérification sérieuse. En outre, ajoute-t-il, fis se sentent minables du fait que ça s’est passé sous leurs yeux, alors qu’ils étaient censés être déployés sur l’ensemble du territoire.»

Moins contestables, en revanche, sont les conclusions de la commission des experts désignés par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui, dans un rapport confidentiel du 29 septembre, déclare, au vu des éléments communiqués par le HCR, que bien qu’il «existe des éléments substantiels pour conclure à des assassinats en nombre contre des Hutus(..), ces allégations devraient faire l’objet d’une enquête plus approfondie». Un point de vue partagé en privé par de nombreuses associations humanitaires présentes au Rwanda, dont certaines opèrent dans la région incriminée. «La plupart des témoignages cités parles enquêteurs du HCR ont été recueillis dans les camps de réfugiés hutus de Tanzanie, où se cachent la plupart des auteurs du génocide», affirme, à Kigali, un membre du groupe des moniteurs onusiens des droits de l’homme. Ce dernier reproche notamment au HCR d’avoir livré ses conclusions sans attendre les résultats de la contre-enquête que son groupe est en train d’effectuer à la demande de Boutros-Ghali. Négocier avec les assassins d’hier. «La concordance des témoignages recueillis au camp de Benaco établit leur pertinence», plaide un délégué du HCR, qui souligne que chaque entretien avec les réfugiés s’est déroulé dans des conditions de stricte confidentialité. Une appréciation radicalement contestée par la majorité des ONG de Benaco, qui souhaitent toutefois garder l’anonymat par peur des représailles que pourraient exercer les chefs hutus du camp sur leur personnel. « Ce que le HCR oublie de dire, précise une infirmière travaillant depuis plusieurs mois à Benaco, c’est qu’il a profité des anciennes structures administratives et politiques du régime de Habyarimana pour faciliter leur travail dans le camp. »

Le HCR a, en effet, accepté que les préfets, les bourgmestres et les chefs miliciens assurent la gestion interne du camp, et il est aujourd’hui contraint de tout négocier avec les assassins d’hier. A tel point que plusieurs ONG s’interrogent encore sur le bien-fondé de leur présence, que certains envisagent même de suspendre.» comment peut-on rester dans un camp où des entraînements paramilitaires ont lieu régulièrement et où les chefs des interahamwe (milices du pouvoir hutu largement responsables du génocide, ndlr) continuent de prôner au grand jour leur haine des Tutsis et la reconquête du pouvoir»,confie l’administrateur d’une ONG. Expéditions punitives au Rwanda. En outre, selon la police tanzanienne chargée de la sécurité de ce camp de 250.000 réfugiés, plusieurs dizaines de paysans hutus auraient été froidement abattus pour avoir manifesté leur intention de retourner au Rwanda. «La nuit, quand toutes les missions humanitaires ont regagné leur base située à trente kilomètres du camp, on les entend chanter “Que le sang coule à nouveau, vive la revanche “», témoigne un des policiers.

Contraints à l’exil en raison de leur participation au génocide, les extrémistes hutus organisent également, selon certains membres du HCR, des expéditions punitives en territoire rwandais. «Leur but, m’ont raconté à plusieurs occasions des réfugiés hutus qui me demandaient de faciliter leur retour, explique un employé du HCR, consiste à massacrer des paysans hutus pour qu’ils continuent de fuir le Rwanda et permettre ainsi d’imputer ces crimes à l’APR. » Outre sa portée politique, cette stratégie de la terreur rapporte aux leaders du camp un véritable trésor de guerre. Chaque milicien, de retour de mission, est inscrit par le HCR comme nouveau réfugié, reçoit une seconde carte de rationnement, et permet à l’organisation interne du camp de s’enrichir en revendant au marché noir les rations et les couvertures supplémentaires. Incidemment, elle fait dire au HCR, qui tente d’en minimiser l’importance -on parle de 10 à 15% de fraude sur les 250.000 habitants du camp -, que le flux des réfugiés hutus ne s’est pas tari et de justifier le maintien, financièrement intéressant, de sa présence en Tanzanie.

 
Repères

 

Les différents rapports

 
Un accord sur le rapatriement des réfugiés rwandais a été signé lundi à Kinshasa par les Premiers ministres zaïrois et rwandais ainsi que par le HCR. Le texte prévoit que le rapatriement se fera sur la base d’un «volontariat» et ne fait plus mention de «zones tampons» au Rwanda. Deux rapports accusant le FPR de tolérer des massacres de Hutus avaient poussé le HCR à interrompre le rapatriement des réfugiés.

Le rapport Gersony (HCR). Cette étude, rendue publique fin septembre, a été rédigée par un consultant américain, Robert Gersony, et fait état de 30.000 Hutus tués au Rwanda. Pour rassembler ces informations, trois experts ont sillonné pendant cinq semaines 41 des 145 communes du Rwanda, recueillant plus de 200 témoignages.

Le rapport d’Amnesty. A l’occasion de la publication, le 20 octobre, d’un rapport sur les homicides commis par l’APR, bras armé du FPR, Amnesty confirme sur la base de témoignages que «des centaines, voire des milliers» de Hutus ont été tués, victimes d’ « actes de vengeance aveugles».     

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Categories: Rwanda

Mission africaine et révisionnisme

October 21, 1994 Leave a comment

CROQUIS D’EUROPE, par Bernard Kouchner

21 octobre 1994

  

Lobby, pression, intergroupe. Les parlementaires reçoivent sans cesse des propositions, subissent des pressions, se voient offrir des aides de la part des groupes d’intérêts et des industriels. Les intergroupes fleurissent, depuis la défense des animaux jusqu’au refus des automobiles à essence. Avec José-Maria Mendiluce qui fut le responsable du HCR en Bosnie, Pierre Pradier, ancien président de Médecins du Monde, nous avions décidé d’un intergroupe: Le Forum pour la prévention des conflits. A ce jour, plus de 120 députés nous ont rejoints, de la gauche à la droite modérée. Mais nous n’avons pas d’argent. Pierre Pradier et Francesca Sauquillo reviennent du Burundi, pour la première mission de ce Forum européen. Ils

décrivent Gitega, petite ville tranquille, sauf qu’au centre de la place publique, on a regroupé les «déplacés», faméliques, hargards, des Hutus. A quelques kilomètres, des Tutsis, regroupés aussi, entreprennent de massacrer quelques dizaines de Hutus, sous les yeux des gendarmes Tutsis à 80%. A Bujumbura, la capitale, la purification ethnique est en marche. Il ne fait pas bon être Tutsi. Pourrons-nous prévenir le génocide sur le modèle rwandais? Pradier et Francesca répondent oui. Ils affirment que l’Europe doit être sur place. Pourtant elle n’a même pas envoyé les observateurs requis par le Parlement pour le Rwanda. N’importe, il faut aller au Burundi. Les élections ont porté à la présidence, avec 70% des suffrages, un Hutu modéré. Un gouvernement de coalition existe. Aidons-le. Cela coûtera infiniment moins cher que l’humanitaire, toujours trop tardif. Révisionnisme. Je revois l’abbé Pierre, sur le seuil

de sa chambre à Esteville, me demander de prendre en charge sa dernière colère. Indigné par

le révisionnisme et le résultat de l’extrême-droite en Belgique et en Autriche, il souhaite qu’autour du Parlement les Douze réfléchissent ensemble à ce que fut l’horreur, le nazisme, l’holocauste: la «fracture de l’Europe». Redoutable honneur. J’ai demandé à mon ami de faire partie du bureau international pour les Droits des enfants que nous organisons entre le Canada et la France, pour que soient punis l’esclavage, la prostitution, les vols d’organes des enfants pauvres du monde. L’abbé Pierre, encore une fois, a dit oui. Dans l’avion de Montréal, je lis Jorge Semprun, L’Ecriture ou la vie. Je le vois, lui, le pudique, prendre dans ses bras au bloc 56, à Buchenwald, son professeur de la Sorbonne, Maurice Halbwacks, et réciter la gorge

sèche : «Mort o vieux capitaine, il est temps, levons l’encre». Et Halbwacks a souri. Semprun écrit comme il n’a jamais osé le faire. Sur le meurtre de l’Allemand aux yeux clairs dans le maquis, sur le communisme, sur la littérature, sur sa stratégie de survie. Il n’est pas revenu de la mort, Semprun. Il l’a traversée. Elle a gagné, la mort. A quel moment le mal absolu l’emporte-t-il sur la fraternité? Semprun, Malraux: l’humanitaire est né de ces interrogations. L’écriture ou la vie, son plus beau livre, mon plus beau livre depuis longtemps. Il a raison d’être en colère, l’abbé Pierre.

 

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L’ex-président rwandais va être discrètement enterré au Zaïre

October 1, 1994 Leave a comment

1er octobre 1994

  

Presque six mois après sa mort, le 6 avril à Kigali, le général Habyarimana sera inhumé ce week-end «dans la plus stricte intimité», au Zaïre «près de Coma».

Selon une source proche de la famille, l’ancien chef de l’Etat, dont le corps déchiqueté aurait été « conservé dans une glacière» sera provisoirement enterré en attendant des obsèques plus dignes». L’épouse du maréchal Mobutu, Boby Ladawa, devrait assister à cette cérémonie au côté, notamment, de la veuve Agathe Habyarimana. Cette dernière, il y a une semaine, a quitté la France, où elle avait jusqu’alors vécu en exil, pour s’installer au Gabon, «acceptant l’hospitalité du président Bongo».

«Mais c’est secret!», s’est exclamé hier, à propos de l’enterrement imminent, un des fils, Léon Habyarimana, joint au téléphone dans l’appartement du 16e arrondissement de Paris, où la famille du défunt président a trouvé refuge depuis le mois d’avril, n a confirmé que sa mère, mise en cause par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme comme cores-ponsable du «génocide planifié » des Tutsis, a quitté la France pour le Gabon. En cas de constitution d’un tribunal international chargé de juger les protagonistes des crimes contre l’humanité commis au Rwanda au lendemain du 6 avril, Agathe Habyarimana pourrait faire l’objet d’une demande d’extradition.

« C’est une question de décence que les restes du président soient enfin portés en terre.pour que son âme repose en paix», a expliqué un proche de la famille, selon lequel «le lieu de l’inhumation est tenu secret afin d’éviter des profanations par les rebelles du FPR» le Front patriotique rwandais. Le corps sera enterré «près de Goma», la ville jumelle, côté zaïrois, de Gisenyi, fief natal d’Habyarimana. C’est également autour de Goma, dans plusieurs camps, que s’entassent toujours quelque 800.000 Hutus ayant fui depuis l’arrivée au pouvoir du FPR.

  

S. Sm.

Categories: Rwanda

Les rapports qui accusent Kigali

October 1, 1994 Leave a comment

Selon des documents confidentiels, établis pour le HCR, au moins trente mille personnes ont été exécutées depuis l’accession du FPR au pouvoir. Ces accusations ont provoqué l’arrêt des opérations de rapatriement des réfugiés et une polémique à l’ONU.

 
1er octobre 1994

 
ENQUETE
STEPHEN SMITH
 
UN BRAS DE FER politico-humanitaire s’est engagé, notamment au sein des Nations unies, à la suite de plusieurs enquêtes faisant état, depuis l’accession au pouvoir du Front patriotique rwandais (FPR), de tueries systématiques et organisées qui auraient fait plusieurs dizaines de milliers de victimes. Selon le rapport d’un consultant américain, Robert Gersony, au moins 30.000 personnes ont été sommairement exécutées par les forces du FPR au cours des quatre derniers mois. Sans avancer de bilan chiffré, les délégués sur place du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) viennent de corroborer cette accusation, confirmant l’existence de camps de détention et de nouvelles fosses communes. Au début de cette semaine, le secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, a décrété un blackout sur la question, en attendant un examen approfondi de la question. Cependant, jugeant les faits rapportés accablants et extrêmement embarrassants, l’administration américaine, à priori favorable au nouveau régime rwandais, multiplie les réunions d’urgence.

Une première réunion s’est tenue jeudi soir au Département d’Etat à Washington. Puis, hier, le Conseil national de sécurité, auprès de la Maison Blanche, devait se saisir du problème. «Nous voulons croire que le gouvernement de Kigali ne soit pas responsable de ces exactions», a déclaré, sous couvert d’anonymat, un diplomate américain. «Assorti d’un sérieux avertissement, nous envisageons de fournir au pouvoir rwandais des moyens logistiques – des véhicules, des moyens de communications- pour mieux contrôler la situation. Jusqu’à preuve du contraire, nous préférons croire que ces tueries ne correspondent pas à une volonté organisée d’extermination.» Au regard, notamment, du rapport Gersony, c’est difficile:pendant cinq semaines, dans quarante et une des cent quarante-cinq communes du Rwanda, Robert Gersony s’est entretenu, dans des interviews individuelles, avec plus de 200 personnes puis, en petits groupes, avec une centaine de réfugiés dans différents camps. Sos révélations, qui avaient immédiatement provoqué un arrêt îles opérations de rapatriaient et une po polémique entre le HCR et la Mission des Nations unies pour le Rwanda (Minuar), ont depuis été étayées par de nombreux témoignages de première main, jugés très crédibles, qui font état d’exécutions sommaires à grande échelle.

Il y a quelques semaines seulement, les Nations unies incitaient fortement les réfugiés à l’étranger -environ 1,5 million de personnes, dont une écrasante majorité de Hutus, dans des camps au Zaïre, en Tanzanie et au Burundi – à rentrer au pays. Toute réticence était alors présentée comme simple manipulation des extrémistes hutus terrorisant les réfugiés et diabolisant le nouveau régime. Aujourd’hui, la simple apparition de camions du HCR dans les camps autour de Goma provoquent des émeutes violentes… A l’origine, Robert Gersony ne devait d’ailleurs enquêter que sur les meilleures conditions de rapatriement des Hutus exilés, pour le compte du HCR et, détail jugé aujourd’hui embarrassant à Washington, sur un financement de… l’Usaid, l’agence d’aide américaine. «Il est i difficile de soupçonner l’auteur ou son rapport d’être ‘ partial», a estimé une source au HCR.

Les responsables de la Minuar, à Kigali, ne cessent cependant d’allumer des contre-feux. Mercredi, son porte-parole avait annoncé l’arrêt des opérations de rapatriement à la suite de propagande négative. Le lendemain, le commandant en chef des Casques bleus de l’ONU, le major général canadien Guy-Claude Tousignant, avait même déclaré que «la sécurité s’est améliorée», qu’il n’avait «pas eu de rapports sur des tueries vengeresses»,concluant : «Il y a des incidents isolés, c’est tout.»une certitude étonnante alors que, sur 147 observateurs humanitaires de l’ONU qui, selon une décision prise au mois d’août, devaient être déployés d’urgence au Rwanda, seulement 28 sont arrivés sur place, souvent sans moyens de communication et de véhicules à leur disposition. Or, depuis des semaines, des cadavres -exécutés, les mains liés au dos – flottent à nouveau dans la rivière Akagera, sur la frontière avec la Tanzanie, et, selon le HCR, outre de nouveaux réfugiés arrivant en masse, d’anciens réfugiés, rentrés au pays, reviennent terrifiés dans les camps.

Le rapport Gersony aboutit à un bilan quotidien d’au moins 250 victimes. Afin de cerner l’ampleur exacte et le caractère spontané ou organisé des tueries en cours, une commission d’enquête de l’ONU, composée de membres du HCR et de la Minuar, est depuis une semaine à pied d’œuvre au Rwanda. Le fait qu’elle ait, dès le départ, associé des représentants du gouvernement mandais n’apparaît pas comme le meilleur gage d’impartialité.

 
Repères

Chronologie

6 avril 1994. L’attentat contre l’avion du président Habyarimana déclenche des tueries organisées.

9 avril. La France ferme son ambassade.

21 avril. Le Conseil de sécurité de l’ONU décide de réduire son contingent de Casques bleus. Des massacres de Tutsis, dans l’ensemble du pays, prennent l’ampleur d’un génocide.

17 juin. Alain Juppé plaide pour une «intervention humanitaire» au Rwanda qui, le 23 juin, prend la forme de l’opération Turquoise.

4 juillet. La prise de Kigali par le Front patriotique rwandais (FPR) marque la fin de l’ancien régime.

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