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Rwanda: les humanitaires sonnent à nouveau l’alarme

MSF-FRANCE S’EST RETIRE LUNDI DES CAMPS DE REFUGIES DE BUKAVU

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières a cessé lundi toutes ses opérations dans les camps de réfugiés rwandais de Bukavu, dans l’est du Zaïre, afin de «protester» contre les conditions déplorables de sécurité. «La situation s’est détériorée d’une manière telle qu’il est devenu impossible éthiquement de continuer à aider les auteurs du génocide et à être indirectement leur complice»,affirme MSF. Cette décision intervient moins de deux semaines après la menace, lancée par MSF et une quinzaine d’autres organisations, de retirer leur personnel si la communauté internationale ne prenait pas des mesures pour restaurer l’ordre et la sécurité. Une force sous contrôle de l’ONU. pourrait se déployer dans les camps. Au Rwanda même, selon un universitaire belge de retour de Kigali, «de nombreux Hutus (-.) ont fait l’objet d’arrestations, de “disparitions ” et d’assassinats».

 
EDITORIAL

 
PAR JACQUES AMALRIC

Les errements de Paris

Malgré l’opération Turquoise, la France a toujours mal au Rwanda. Empêtrés dans le soutien actif accordé au régime Habyarimana jusqu’à la fin de 1993, ses responsables ne supportent pas d’être considérés comme partiellement responsables du génocide qui a ‘ ensanglanté le pays. On peut les comprendre, et ils ont beau jeu de rappeler le rôle joué par la France pour la conclusion des accords d’Arusha en août 1993, qui prévoyaient la mise en place d’un processus de réconciliation nationale. L’accusation de coresponsabilité d’un génocide étant écartée, restent certaines responsabilités politiques, à commencer par les semaines de passivité devant les massacres qui ont précédé le « montage » de l’opération Turquoise. Mais oublions un instant ce passé pour constater que le discours tenu aujourd’hui à Paris reste dominé par l’hostilité au Front patriotique rwandais. Jamais, certes, les relations n’ont été bonnes entre la France et les exilés – anglophones – d’un FPR qui n’a pas ménagé ses efforts pour prendre sa revanche par les armes. Mais est-ce une raison pour banaliser le génocide rwandais et renvoyer dos à dos bourreaux et victimes ? C’est pourtant le langage qu’on entend à Paris, où on feint de s’étonner que la démocratie ne règne pas encore au Rwanda, et où on met pratiquement sur le même plan le génocide du printemps et les représailles dont ont sans doute été victimes des Hutus. En témoigne ce passage d’un argumentaire, daté du 28 octobre et envoyé par l’Elysée à plusieurs journalistes: «La démocratie qu’on nous annonçait ne règne toujours pas à Kigali. Un rapport d’Amnesty International dénonce la justice expéditive des nouveaux maîtres. Il n’y avait donc pas les bons et les méchants, les massacreurs et les libérateurs, cette vision manichéenne au nom de laquelle on a indignement caricaturé l’action de la France. Les donneurs de leçons d’hier sont étrangements muets.»

On pourrait en effet rester muet tant cette présentation des faits est caricaturale. D’autant plus que cette note reconnaît, quelques lignes plus loin, mais pas à propos du Rwanda il est vrai : «II n’y a pas de raccourci magique vers la démocratie. Pas plus en Afrique qu’ailleurs. Pas de démocratie dans la pénurie ou l’instabilité.» Ce que ce texte ne dit pas, en revanche, à propos de la pénurie qui règne au Rwanda, c’est que la France s’est opposée dans les instances européennes au déblocage de l’aide prévue, liant son feu vert non seulement à un » élargissement de la base politique du gouvernement » mais aussi au retour de réfugiés hutus, dont beaucoup sont entraînés et armés au Zaïre en vue d’une contre-offensive.

Cette hostilité, qu’on retrouve dans le refus de la France d’inviter le Rwanda au sommet de Biarritz, ne peut que renforcer l’extrémisme du bras armé de la minorité tutsie, dont les prétentions sont forcément illégitimes selon l’approche démographique et linguistique de la démocratie qui sous-tend la politique française. Est-ce bien cela qui est recherché ?

 

Les ONG demandent la protection de l’ONU

 
En annonçant publiquement le retrait de ses équipes des camps de la région de Bukavu au Zaïre où quelque 310.000 réfugiés hutus sont toujours entassés, MSF-France a pris une décision aussi nécessaire que douloureuse. « Nous ne pouvions plus travailler dans un camp où notre aide est utilisée, à des fins politiques et économiques par des gens qui ont une lourde responsabilité dans le génocide et sont de surcroît toujours impunis», commentait hier Dominique Martin, chargé de mission au Rwanda de MSF-France. L’ensemble des agences humanitaires travaillant dans les camps du Zaïre, que ce soit dans la région de Bukavu ou dans celle de Goma, au nord du lac Kivu, s’accorde à dénoncer le pillage de l’aide alimentaire par les responsables de l’ancienne administration rwandaise et par les cadres politiques du MRND, l’ancien parti au pouvoir.

Marché noir dans les camps 

« A défaut de maîtriser l’économie du pays, les anciens dirigeants ont vite compris que la revente au marché noir de l’aide alimentaire excédentaire obtenue grâce aux inscriptions de faux nouveaux réfugiés pouvait être une source importante de re venus», explique un responsable du Programme alimentaire mondial (PAM). La maîtrise de la distribution de nourriture, qu’ils ont obtenue des organisations non gouvernementales (ONG) sous la menace, leur donne de surcroît un quasi pouvoir de vie et de mort sur les réfugiés.«Le niveau de malnutrition dans les camps au Zaïre est d’autant plus inacceptable, estime le haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), que nous avons dû délibérément sur-évaluer de 20 à 25% le nombre des réfugiés pour assurer une livraison suffisante de nourriture à chacun.» Ainsi la population des camps de Bukavu, estimée à 400.000 personnes par le HCR, ne dépasserait pas 240.000 réfugiés en réalité selon MSF.

La plus grande partie de la nourriture détournée à l’initiative des anciennes autorités politiques et administratives rwandaises n’atterrit pas forcément sur les marchés noirs installés dans la périphérie des camps. Elle est, selon plusieurs témoignages d’ONG, acheminée clandestinement vers d’autres camps plus discrets où sont regroupés tes anciens soldats des Forces années rwandaises (FAR) et leurs familles. Selon le HCR, 15 à 20.000 de ces « réfugiés » seraient actuellement regroupés dans le seul camp de Sake, dans la périphérie de Mugunga, à 12 kilomètres au nord de Goma.

Le «terrorisme» des ex-soldats et miliciens

Cette présence des anciens militaires rwandais en uniforme à proximité des camps et celle, plus pressante encore, des miliciens à l’intérieur contribuent à terroriser les réfugiés et à les dissuader de retourner au Rwanda. Le HCR ne compte plus les meurtres et les passages à tabac de réfugiés « coupables » d’avoir rendu visite à l’officier du HCR chargé des rapatriements. « Le terrorisme qu’exercent les soldats de l’ex-armée rwandaise et les miliciens rendent notre mandat impraticable; commentait hier un responsable du PAM. « A Bukavu, nos équipes ont entendu des explosions et des coups de feu», ajoute Dominique Martin, de MSF, pour étayer la décision de l’ONG française de quitter les camps du Zaïre.

Si MSF se retrouve seule à prendre une telle décision, les autres ONG et les agences humanitaires des Nations unies n’ont pas pour autant décidé de rester coûte que coûte. Le HCR et le PAM s’interrogent volontiers sur le bien-fondé de leur mission d’assistance et de protection des refuges ». Mais ils précisent qu’à l’inverse des ONG comme MSF pouvant faire valoir des arguments d’ordre éthique – «  refuser d’engraisser les bourreaux»,    comme le résume MSF-Belgique qui, pour l’instant, ne part pas-,ils sont tenus par le mandat conféré par les Nations unies. « Nous attendons avec impatience le résultat des discussions initiées par Boutros Boutros-Ghali avec les membres du Conseil de sécurité» déclarent-ils de concert. La proposition du secrétaire général des Nations unies de mobiliser une force dé police internationale de six à huit bataillons (soit environ 4500 hommes) pour assurer la sécurité des réfugiés dans les camps du Zaïre devrait être étudiée «prochainement »par le Conseil de sécurité. « Il en va du maintien de nos équipes», rappelait hier un responsable d’Oxfam qui, avec quatorze autres ONG, a signé la semaine dernière un communiqué commun exigeant des Nations unies qu’elles améliorent «la sécurité des ONG et des réfugiés ».

Alain FRILET

 

Impunité et insécurité

 
Analyse

Stephen Smith

 
Tandis que les Hutus responsables du génocide profitent de l’aide humanitaire dans les camps à l’extérieur du pays, les Tutsis, hier victimes, commettent de nombreuses exactions à l’intérieur.

 
LE « DRAME RWANDAIS » n’est pas fini, loin s’en faut. Dans les camps de réfugiés qui entourent le pays et dans lesquels continuent de s’entasser plus d’un million et demi de Hutus, les bergers du génocide -les préfets, bourgmestres, généraux et officiers de l’ancien régime -préparent la reconquista. L’aide humanitaire les nourrit et, pis encore, fonde leur autorité sur une population qui, par leur intermédiaire, reçoit nourriture et soins. Le nombre des réfugiés étant souvent surestimé -ainsi le camp de Katale, près. de Goma, n’abrite que 60% des 200.000 bénéficiaires d’aide enregistrés officiellement-, il n’est même pas besoin de procéder à des détournements. La logique du « sanctuaire humanitaire » s’applique pleinement : prenant en otage la population hutue à l’extérieur du Rwanda, les responsables du génocide s’assurent les moyens et, comble d’ironie, la «légitimité populaire » d’un retour en farce au pays.

 
«Khmers noirs». En même temps, à l’intérieur du Rwanda, le génocide perpétré contre les Tutsis sert de prétexte à des actes de vengeance, à des exactions voire à des massacres frappés d’impunité et, pour ce qui concerne la communauté internationale, d’une coupable indifférence. Certes, en exigeant comme préalable à toute coopération que le « pouvoir tutsi » élargisse sa base sociale et fasse entrer l’opposition hutue « modérée » au sein du gouvernement, la France boycotte de facto le nouveau régime et, en tout cas, le prive de moyens matériels. Cuba, non, Kigali, oui! Tout en critiquant la politique américaine, la France fait de même dans son «champ » africain.- Le résultat à redouter à terme : quelles qu’aient été leurs intentions à l’origine, des « khmers noirs » finiront bien par exercer le pouvoir au Rwanda par la force des armes.

Plus de quatre mois après la prise de Kigali, la présomption d’innocence à l’égard du nouveau régime s’épuise néanmoins. Le manque de moyens en général, l’incapacité de rémunérer l’armée et la défaillance de l’appareil judiciaire ne suffisent plus à expliquer pourquoi des contestataires sont portés « disparus », sans enquête aucune, pourquoi des camps de Hutus sont rasés dans l’ancienne «zone humanitaire » française, entraînant mort d’hommes, pourquoi des civils sont abattus devant témoins, puis travestis en « miliciens » sur les ondes de la radio nationale, pourquoi le ministre des Affaires étrangères, faisant défection pour attirer l’attention sur la prise d’otage des Hutus, au sein du gouvernement, est accusé -sans preuves – de détournement de fonds- Les faits abondent, les témoins également.

 
Question: pourquoi « l’insécurité » -doux euphémisme – à la fois au Rwanda et dans les camps de réfugiés, à l’extérieur du pays, ne fait-elle pas l’objet d’une surveillance internationale? Parce que les Nations unies, présentes sur le terrain, perdent beaucoup de leur énergie dans – autre euphémisme -; des « frictions » internes : entre le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) qui suspend ses opérations de rapatriement, la Mission pour l’assistance au Rwanda (Minuar) qui, à Kigali, n’est même pas au courant des incidents violents qui lui ont été rapportés par des témoins et, enfin, les observateurs du Centre des droits de l’homme, jusqu’à la fin octobre, dépourvus de véhicules et de moyens de communication-

Dès lors, les faits restent opaques et les procès d’intention se multiplient : dénoncer l’insécurité au Rwanda équivaut à «gommer » la singularité du génocide, à banaliser le «mal absolu» en parlant de «petits» massacres. En même temps, dénoncer l’insécurité dans les camps, à l’extérieur du pays, revient à briser le tabou humanitaire de l’innocence des «victimes », à vouloir abandonner ces centaines de milliers de réfugiés qui, cet été, ont ému le monde. MSF-France, déjà en rupture de ban, en Ethiopie, en 1985, pour avoir protesté contre la «délocalisation» forcée des victimes de la famine, vient de franchir ce pas. A tort ou à raison? Ce débat reste à mener. Son noyau dur: Dans l’action humanitaire, est-ce l’action ou l’humanitaire qui, in fine et à quelle fin, doit l’emporter?

Menaces d’éclatement. En avril, au début du « drame rwandais », une carte d’état-major à Paris faisait apparaître, englobant à la fois le territoire du Rwanda et du Burundi voisin, un « Hutuland » d’une part et un « Tutsiland » d’autre part. Aujourd’hui, au lendemain d’un génocide, de la chute de l’ancien régime et de l’avènement d’un autre, dominé par le Front patriotique rwandais (FPR)t le Rwanda s’est dangereusement rapproché de cette mauvaise fiction «tribaliste». Le pays et, avec lui, toute la région des Grands Lacs sont menacés d’éclatement.

 
FILIP REYNTJENS, SPECIALISTE DE L’AFRIQUE A L’UNIVERSITE D’ANVERS

A Kigali, une justice « défaillante »

 
INTERVIEW
Par Stephen Smith
 
PROFESSEUR DE DROIT et de politique de l’Afrique à l’université d’Anvers et président du Centre d’études et de documentation africaines (Cedaf ) à Bruxelles, Filip Reyntjens est l’un des meilleurs spécialistes du Rwanda. Enseignant à l’université de Kigali dans les années 70, il était proche de l’ancien président Habyarimana. Cependant, à la fin des années 80, il a été le premier à révéler l’existence des «escadrons de la mort» de la présidence, le fameux « réseau zéro ». Pour «faire le point sur la structuration du paysage politique depuis le génocide et le départ en exil d’une partie importante de la population», Filip Reyntjens vient de séjourner à Kigali, où il a rencontré les protagonistes du nouveau régime et de nombreux représentants de la société civile.

 
Depuis la victoire du Front patriotique mandais (FPR), la diaspora tutsie rentre au pays. Ce retour est-il spontané ?

Même s’il ne fait pas de doute que le FPR a activement encouragé ce retour, on a l’impression qu’il est lui-même quelque peu dépassé par l’ampleur du phénomène. Plus de 400.000 réfugiés tutsis sont rentrés en quelques mois, principalement dans les villes, où cette arrivée en masse provoque une « tutsisation ». A titre d’exemple : dans le secteur de Masaka près de Kigali, 4.000 sur les 5.000 administrés actuels sont des nouveaux habitants.

 
Un climat d’insécurité s’est installé au Rwanda. Quelle est la responsabilité de l’armée qui, paraît-il, se met à vivre sur le pays?

Pendant les années de guérilla, le code de conduite du FPR était très sévère. Mais il n’est plus appliqué. Les derniers recrutements ont été si peu sélectifs qu’on a même incorporé des délinquants, voire des anciens membres de la milice Interahamwe (les principaux responsables du génocide, ndlr). Enfin, les militaires ne sont pas payés, le nouveau pouvoir n’ayant pas les moyens d’une quelconque rémunération. D’où un ensemble de phénomènes qui rappellent l’armée de l’ancien régime :1e retour de l’affairisme, l’occupation par certains officiers de plusieurs maisons «réquisitionnées » à Kigali, des barrages routiers montés par des soldats qui, puant la bière, se « servent ». Cette insécurité est d’autant plus néfaste que l’appareil judiciaire n’existe plus: sur 150 agents du ministère de la Justice, seuls 27 sont en place. Pour des réfugiés hutus rentrant au pays, quel est le risque de se faire arrêter comme responsables du génocide?

De nombreux Hutus, tant ceux qui n’avaient pas fui que ceux qui sont rentrés, ont fait l’objet d’arrestations, de « disparitions » et d’assassinats. Une simple dénonciation suffit pour provoquer une arrestation et, rien qu’à Kigali, on emprisonne une cinquantaine de personnes par jour en moyenne. J’ai pu consulter des dossiers quasiment vides: une vague dénonciation, des aveux tellement standardisés qu’on se demande si le suspect les a réellement faits. Or, les garanties judiciaires sont pratiquement inexistantes :en raison de la défaillance de l’appareil judiciaire mais aussi à cause d’une «présomption de culpabilité » qui pèse sur les détenus et rend impossible leur libération. Un haut magistrat du parquet m’a confié qu’il n’oserait pas libérer ces détenus, même s’il était convaincu de leur innocence. D’ailleurs, une quarantaine de personnes tout de même libérées provisoirement ont été arrêtées de nouveau ou ont «disparu». C’est justement le président du tribunal de première instance de Kigali, Gratien Ruhoraza, qui avait ordonné ces libérations provisoires. Or, depuis le 5 octobre, il a lui-même «disparu»…

Oui, il a été arrêté la nuit par deux militaires et, officiellement, ni le ministère de la Justice ni le procureur de la République ne savent où il se trouve. D’après la rumeur, il serait détenu au camp militaire Kami à Kigali. De nombreuses personnes sont détenues dans des installations militaires, des habitations, divers endroits. On ne connaît pas leur nombre ni leur conditions de détention . Il n’y a pas de registre , ni de dossier judiciaire. Enfin, on observe des pratiques inquiétantes’ de la part du FPR, comme le transfert de prisonniers la nuit ou interdiction d’accès à certains endroits déclarés « zones militaires ».

Avez-vous pris connaissance d’exactions précises et à quelle échelle?

Le nouveau régime n’est en place que depuis trois mois et, de toute façon, il ne dispose d’aucun moyen, il ne s’agit donc pas de le juger péremptoirement. Mais j’estime de mon devoir d’attirer l’attention sur des faits précis comme ceux-ci : d’après un rescapé entendu par un magistrat, environ 60 personnes rentrant de l’ancienne « zone humanitaire » française ont été exécutées début août à l’école agrovétérinaire de Butare. D’autres témoins affirment que de nombreuses personnes ont été tuées et enterrées dans la vallée entre le groupe scolaire de Butare et l’arboretum, dans une zone interdite d’accès par l’armée. Le 29août, un membre

d’une ONG internationale a vu plusieurs milliers de cadavres récents autour et dans une église de Mbiyo, entre Gako et Nuamata, dans le Bugsera. A la suite d’informations reçues, des observateurs australiens de l’ONU ont vu à Save, près de Butare, une cinquantaine de cadavres couverts de branches et de feuiûes, dans un boisement communal. L’armée leur a interdit l’accès et, deux semaines plus tard, les corps avaient évidemment disparu alors que la population locale affirmait qu’en viron 1750 personnes auraient été tuées à cet endroit.

Puis, à la mi-septembre, une autre équipe de l’ONU a dénombré une centaine de cadavres à Kayumba, toujours dans le Bugsera. Enfin, un témoin tutsi affirme qu’un grand nombre de Hutu, qualifiés d’Interahamwe, a fait et ferait encore l’objet d’exécutions sommaires à

Sake.près de Kibungo.

 

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Categories: Rwanda
  1. DJUMA
    March 16, 2007 at 8:39 am

    qui sont devenus les refugiés hutu de 1994dans la region des grands lacs?

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